22, Catherine Street

Au 22, Catherine Street, New York, une femme a été remarquée en train de danser dans la rue. Cette femme, c’était moi.

Obsession du choc

Le choc. Le choc de mon corps contre le tien. Que je dorme que je rêve ou que je l’imagine les yeux fermés les yeux ouverts, toujours ce choc, ce même choc.

Pendule

Fatiguée. Épuisée. Tanguer à gauche. Tanguer à droite. Jamais, jamais trouver le centre, toujours le frôler. Erschöpft. Bin erschöpft.

Il y aura sept nuits. Celle-ci est la première

Le spectacle commence dans cinq minutes. Elle cherche la billetterie. Traverse le jardin, demande au bar, retourne vers l’entrée, remonte la pente, redescend, se retourne, il apparaît. Huit ans après il est. Et il est là.

Bafouillages et défaillances

Ce matin D. est entré dans la pièce. J’étais seule. Personne d’autre. Je travaillais à ma traduction. Le soleil chauffait mon visage. Suffisamment voilé pour ne pas avoir à tirer le rideau, pour ne pas avoir à me déshabiller. D. est entré dans la pièce.

En collants noirs et rouge à lèvres

Yeux smokés ou rouge à lèvres, rouge à lèvres, oui mais il me faut des jambes il aime les jambes, des collants, boîte à collants, les mi foncés mi transparents, effet bas, short et pull rouge oh oui pull rouge, mais rouge à lèvres alors too much ?

Playlist de l’année

Elle est étrange cette playlist. J’aime tout oui j’aime tout, mes chansons 2018 mes chansons, mais les sentiments qui me parcourent ne sont pas uniformes, souvenirs hétérogènes, elle est terrible cette playlist. Play – je danse, je suis dans la salle commune à Arles, la neige tombe au dehors sur les tuiles les vieilles pierres, je danse, je cours, je fais de la trottinette, tourne, je transpire, je libère le stress, la colère, la tristesse, c’est là c’est ce jour là qu’il a écrit l’autre fou – skip – je suis à mon bureau, j’écris, j’écris c’est Soledad, c’est S., j’ai rêvé de lui cette nuit, il était nu, il était beau et moi je m’approchais je – skip –

Regard bleu

Je suis assise sur la deuxième chaise en partant de la gauche, troisième en partant de la droite et devant moi, à trois rangées de chaises, l’estrade, et sur l’estrade ce regard. Ce visage tourné dans ma direction. Ces cheveux bruns. Ces yeux bleus mais un voile. L’alcool ? L’hiver ? Sur l’estrade ce regard.

Haïku

Je rêve la nuit,
C’est l’été et nous existe,
Au matin j’ai froid.

Retrouvailles 2

En un instant – invisible – je me retrouverais dans tes bras je sauterais à ton cou tu enfouirais ton visage dans le mien tes bras m’enserreraient mes côtes craqueraient on serrerait fort, respirerait fort, soupirerait fort.

L’invisible se meurt

Mon corps pourrit à l’intérieur. L’invisible se meurt, je meurs, et je le sens. Mes organes, les uns après les autres, ma peau, des milliers de bestioles me rongent et font leurs dents sur moi je verdis je noircis je m’effrite tout le monde s’en fout.