Parce que je suis duale

Duale emmêlée. A travers ma personne vit mon personnage. A travers moi passent ces sensations, émotions, intuitions qui se meurent en mots.

Comment je joue au billard

Je suis allongée dans des boules de billard. Des boules de billard. Des rouges, des jaunes, des pleines, des bicolores. Vous voyez le genre quoi. Des boules de billard. Avec la noire là, la 8, que j’ai envoyée trois fois dans le trou quand même.

Parce qu’il s’en fout

D’habitude j’écris après. Quand le roman m’emporte. Trop loin. Quand je ne sais plus redescendre. Quand c’est trop dur de reposer mes pieds sur terre. Seule dans mon appartement. Près du chauffage là sur le tapis.

Pourquoi je pense en radiateurs

Esclave de mon année à mâchouiller mes émotions, à les organiser en chapitres étranges, en verbes à l’infinitif. Esclave de cette année à écrire ce roman dans ma tête.

Parce que lundi tout a changé

Mille phrases me viennent pour commencer ce texte. D’ailleurs cette phrase-là n’est qu’une de ces mille phrases. Tout se mêle. Parce que je suis loin, entre deux eaux. Entre la réalité de mes personnages et ma réalité à moi. Moment terrible de redescente. Alors je vais écrire toutes ces phrases dans le désordre. Thérapie à moi.

Parce que sept jours c’est long pour une descente

Il m’aura donc fallu sept jours. Sept jours pour me remettre d’une soirée. Enfin d’une nuit. Enfin d’une soirée, d’une nuit et d’une matinée pour être exacte. Moi qui toute fière de ne plus boire d’alcool (à outrance s’entend) ventais mes désormais absences de gueule de bois… Sept jours. Long.

Parce qu’à nouveau seule dans ce bar

Je n’ai jamais aimé les entre-deux. Jamais. Ce soleil qui chauffe mais n’appartient plus à l’été. Ce soleil de septembre qui fait sourire mais ne fait pas rêver.
Me voilà appuyée à ce comptoir de bois. Celui-là même où j’écrivais mon premier texte, avant même de savoir que le Berlinographe existerait.

Parce qu’on n’a plus dix-sept ans

En regardant les nuages orangés à travers le hublot, je me demandais vers où mon crayon me guiderait le lendemain. Il était grand temps que je me replonge dans l’univers de mes histoires courtes. Un loup se détachant en violet des doux chagrins tortueux, je songeais à reprendre mon histoire d’A.

Parce que les loups sont des chiens

Mon loup est revenu. J’ai croisé ses yeux bleus dans la nuit. Ce serait mentir de dire que je ne l’attendais pas un peu. Dernier étage d’une usine à Wedding. Un bar sombre et lumineux. Des néons, du feu aux fenêtres, et le S-Bahn aérien pas très loin, derrière les stores arrachés.

Pourquoi le Teufelsberg goûte l’ami au chocolat

– Il y a combien de beurre là-dedans ? – Tu ne veux pas savoir. – Je crois que si. – Je t’assure que non. – La réponse influera sur ma décision quant à en reprendre une troisième fois… – 350 – 350 quoi ?…

Comment j’ai quitté Berlin pour la nuit

Quand on vient à Berlin souvent on revient, et quand on y revient on y reste. Nous sommes beaucoup à raconter la même histoire. Et puis tous ceux qui y sont nés et n’en sont jamais partis. Martin, Mathieu, Thomas, Cross ou Max. Trente ans…

Parce que certaines choses ne changent pas

Et puis il y a des choses qui ne changent pas. Des rencontres sur le chemin. Des cœurs à cœurs, des connexions. Ce garçon-là, un prénom, trois fois vu trois mots échangés et soudain une soirée à deux, et les murs s’effondrent, le temps s’arrête,…