Parce que les loups sont des chiens

Mon loup est revenu. J’ai croisé ses yeux bleus dans la nuit. Ce serait mentir de dire que je ne l’attendais pas un peu. Dernier étage d’une usine à Wedding. Un bar sombre et lumineux. Des néons, du feu aux fenêtres, et le S-Bahn aérien pas très loin, derrière les stores arrachés.

Parce que les loups sont prédateurs

Mon loup a disparu. Je n’aurais pas croisé ses yeux bleus bien longtemps. N’aurais pas senti son souffle sur ma peau, encore trop distant. Mon loup a disparu. Au fin fond de la forêt sombre, caché dans cet autre monde où je ne veux plus…

Parce que je flotte, je me dilue

Ce soir je flotte. Constat récurrent. Je flotte. Entre deux émotions souvent, deux sentiments s’entend, entre réel et froideur de l’esprit, je flotte, froide et floue. Ce soir je flotte. Mais pour de bon. Je flotte. Vraiment. Tête en arrière, yeux noyés d’eau, mon nez,…

Comment j’ai rencontré Mathieu

Il a pris beaucoup de formes pour moi en ces deux ans, et le décrire c’est peut-être me décrire moi-même, me projeter sûrement, en lui, en nous, ce que nous avons, aurions pu avoir. Chemise blanche, pantalon noir, regard franc, assuré, il me scrutait de…

Parce que pédaler c’est mieux que ramer

Démarrer d’un coup de pied, sentir le vent dans mes cheveux, –le pollen dans mes yeux; filer droit, filer vite, sans crainte, espace pour lui et moi réservé, vibrer, –oui vibrer, merci foutus pavés; vibrer dans l’ivresse de cette liberté, pédaler, pédaler –dérailler; accélérer dans…

Pourquoi je les ai mis à nu

Je ne sais pas ce qui me fait pleurer. Tout va bien, allongée au bord de la Spree, Hauptbahnhof en vue, ni trop chaud ni trop froid, délicieux mois de mars. Le pollen sans doute, l’arbre qui trône sur la droite, moitié vert moitié mort,…

Parce qu’on a tous nos forces

J’ai déplacé mes meubles, acheté une table basse, c’est bon d’être chez soi. J’ai flâné au marché, mangé un falafel, c’est bon d’être chez soi. J’ai ramassé mon cœur, regroupé les morceaux, Berlin les recollera. Confiance en elle, confiance en vous, les filles qui débarquez…

Pourquoi belle et triste

Arrivée en avance à l’aéroport. Temps pour un café au soleil. Ciel bleu. Il paraît qu’il fait chaud à Berlin. Retour sous la lumière du printemps. Sourire. Renaissance bienvenue. Je sors mon carnet par réflexe, mon crayon attend entre mes doigts avides. A quelques mètres…

Pourquoi mon coeur n’est pas libre

J’ai acheté ce foutu billet aller. Départ mercredi. Tegel. 6 h 30. Le ventre noué j’ai fait mon sac, j’ai rangé mon chez-moi, pour rejoindre ton chez-toi. J’ai rangé. Nouée. J’ai pris ma douche, en espérant m’y noyer. J’ai réglé mon réveil, terrifiée. Trois heures…

Parce que parfois j’ai besoin d’étiquettes

Ce soir je bois un verre. Avec un mec. Un mec bien. Un beau mec. Marrant. Vraisemblablement intelligent. Ce soir. A retenir. Ce soir. L’incruster dans mon esprit à défaut d’en avoir envie. Parce qu’encore une fois je pense à toi Thomas. Foutu cœur prisonnier….

Comment j’ai perdu un ami

Dans la nuit du 31 décembre au 1er janvier, j’ai perdu un ami. Un ami, un amant, un frère. A croire que tous ceux qui ne trouvent pas leur étiquette n’ont pas leur place dans ma vie. On s’était retrouvés après deux années de silence,…

Parce que les belles choses méritent qu’on les savoure

– Tomber, ne pas tomber, frontière délicate mais délicieuse avec toi. Tu manques déjà, à mes mains, à mes draps. J’ai jeté mon sapin. Comme ça, dans la rue, comme tout le monde, Noël, Nouvel an, fin de ces deux intenses semaines, entre oubli et…