22, Catherine Street

Au 22, Catherine Street, New York, une femme a été remarquée en train de danser dans la rue. Cette femme, c’était moi.

Regard bleu

Je suis assise sur la deuxième chaise en partant de la gauche, troisième en partant de la droite et devant moi, à trois rangées de chaises, l’estrade, et sur l’estrade ce regard. Ce visage tourné dans ma direction. Ces cheveux bruns. Ces yeux bleus mais un voile. L’alcool ? L’hiver ? Sur l’estrade ce regard.

Le bain

Elle avait réussi à le mettre dans un bain. Il détestait les bains. Il avait toujours détesté les bains, et voilà qu’il était nu dans l’eau trop chaude qui bientôt serait trop froide.

Surtout ne changez rien

Elle avait été repérée dans le métro un matin. Elle faisait partie de ces filles qui n’ont besoin de rien lui avait-on dit. Ce on était une elle. Melody. Elle s’était dit dès le début que ce n’était sûrement pas son vrai prénom. Cette femme devait s’appeler Brigitte….

Parce qu’il avait trop bu

Il avait trop bu. Il avait vraiment trop bu. Ses muscles s’engourdissaient peu à peu. Lui qui dansait il y a dix minutes, s’était assis il y a cinq minutes et s’enfonçait maintenant dans le canapé. Il continuait à taper des mains sur ses cuisses mais même cela était devenu difficile. Un concert de jazz manouche, voilà où il s’était rendu ce soir en sortant du boulot. Avec des copains, ses copains de toujours, ses copains de Berlin, ceux qu’il avait connu en arrivant huit ans plus tôt. Huit ans ? Douze en fait. Douze ans… Ses copains de bière, ses copains de club, ses copains de drogue, ses copains qui avaient eu des enfants, qui s’étaient mariés, qui avaient divorcé, buvaient trop eux aussi. Ses copains qui dansaient maintenant. Il avait trop bu. Enfin pas tant que ça, des bières à l’apéro oui, un « kurz » en arrivant. Des bières, combien, trois, cinq ? Et puis il avait terminé les cocktails des copines de ses copains. Si, il avait bu. Trop bu.