Parce qu’ensemble, nous n’avons rien à prouver

9 décembre 2013

Parce qu’ensemble, nous n’avons rien à prouver

Parce qu'ils n'ont rien à prouver.
©Le Berlinographe

Depuis qu’A est sorti de ma vie, du moins, de mon quotidien, je suis également sortie d’une certaine réalité, d’un monde auquel j’appartiens bien sûr, mais qui ne m’a jamais vraiment rendue heureuse. Depuis quelques jours je revois Mathieu, Martin, Cross, j’ai même dégusté un très bon vin rouge chez leur dealer régulier. C’était hier soir. Soirée surprenante, et je ne me surprends pas vraiment à l’aimer. Un appartement dans la Prenzlauer Allee, un Altbau aux murs blancs, hauts, moulures au plafond, bois clair au sol, du cuir, du beige, des livres et des bibliothèques, un balcon, des rideaux crème, de la fumée, beaucoup de fumée. Enfoncée dans ce canapé, enivrée, par le vin, par le bois, le cuir, tout ça à la fois. Quand je suis avec eux je me sens bien, tellement bien. Je me sens vraie. Sensation que ces garçons là ne font pas semblant. Parce qu’ils ont 30, 35 ans, encore stagiaires, encore étudiants, serveurs, parce qu’ils n’ont pas le bac, parce qu’ils se lèvent tôt le matin, parce qu’ils paient leurs factures, parce qu’ils n’ont rien à prouver. A personne. Ensemble nous n’avons rien à prouver, nous n’avons pas à faire semblant.
Nous sommes tristes ensemble, heureux ensemble, nous ne faisons un drame de rien, car nous connaissons tous le drame beaucoup trop bien. Pas d’explications à donner, rien à raconter, nos blessures se dessinent dans la fumée que nous recrachons calmement, et nous comprenons. Simplement. Un regard suffit, un geste, un mot, et nous savons quel regard, quel geste, quel mot sera le bon.
Ces garçons-là me font accéder à un monde, mon monde, où rient ensemble mes anges noirs et mes démons blonds, ce désert dont je me nourris pour avancer, chaque jour, faire un pas. Je n’écrirais pas sans eux, sans eux mes pages seraient vierges, ma vie serait vierge, je serais vierge d’émotions, de sensations fortes, de ce qui fait la vie bordel, de ce qui fait la mort, de ce qui donne la mort. Celle-là même qui souligne tout le reste, embellit tout le reste, rend ce reste si spécial. Je ne suis pas prête à vous laisser les garçons, pas prête à rejoindre ce reste finalement. Vous avez mon cœur, fumez le. Je vous dois ces pages, je vous dois beaucoup. J’espère vous donner autant. Je vous aime, vraiment. Vraiment. Et le vrai ne ment pas.

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Commentaires

Khadim
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un beau texte qui vient de "celui qui ne ment pas", le coeur

Jule
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je suis contente qu'il ait touché le tien ;)