Parce que parfois j’ai besoin d’étiquettes

Et un billet d'avion qui va.

©Le Berlinographe

Ce soir je bois un verre. Avec un mec. Un mec bien. Un beau mec. Marrant. Vraisemblablement intelligent. Ce soir. A retenir. Ce soir. L’incruster dans mon esprit à défaut d’en avoir envie. Parce qu’encore une fois je pense à toi Thomas. Foutu cœur prisonnier. Otage de ton absence. Otage de tes mots, tes bribes de mots.

Moi aussi je pense à toi… Et j’aime ça.

Pas moi ! Je déteste ça. Parce que je hais les entre-deux. Les compromis c’est pas mon truc. Addict à l’extrême oui toujours, il y a des choses qu’on a beau soigner et qui ne passent pas. Et surtout avec toi, surtout au rythme où bat mon cœur quand je suis contre toi.

Qu’est-ce que tu veux Jule ?

Partir d’ici. M’envoler. Sans promesse, sans engagement, sans stress, mais monter dans l’avion. Te chercher, te trouver, t’embrasser à en perdre mon souffle, à en faire exploser mon cœur une fois pour toutes. Ecrire mon foutu deuxième roman face à ta foutue baie vitrée. Partir en virée. Photographier. Sans promesse, sans stress, juste essayer.

Qu’est-ce que tu veux Jule ?

T’oublier. Libère les otages bon sang. Laisse moi partir, pense à moi si ça t’amuse mais d’aussi loin que tu es désormais. Me dire que de toute façon ça n’aurait pas marché. Me dire qu’au fond c’était peut-être pas si beau avec toi. Me dire que… Je sais pas je sais plus.

C’est ça que tu veux ?

Je sais pas je sais plus. Mais je ne veux pas d’entre-deux. Je ne veux plus d’un petit peu. Je veux tout. Ou rien. Plus de doute, et qu’on se mette des étiquettes. Des petites étiquettes comme ça, pour savoir, qui on est l’un pour l’autre. Pour savoir si tu es dans mes moyens. Des étiquettes. Et un billet d’avion qui va.