A la lune

J’ai demandé à la lune qu’elle me donne un corps de pierre.
Un galet dense dans la main. Aux contours si beaux si purs si bruts qu’ils couperaient les mains de ceux qui serreraient trop forts.
J’ai demandé à la lune de m’ôter ce corps d’éponge.
Je lui ai dit de me retrouver sur la plage, à l’heure où les étoiles profitent de l’instant pour filer discrètement.
Je me mettrai nue. Je m’enlacerai. Et je presserai. Fort.