Elle l’aime

Elle l’aime.

Et ça la fait pleurer. Elle pleure parce qu’elle l’aime. Et que ça fait mal, parce que ça ne mène à rien. Elle pleure parce que ça fait six mois qu’elle le méprise et qu’elle le hait, parce qu’elle l’aime. Elle pleure parce qu’elle l’aime. Parce qu’il l’aime sûrement lui aussi. Ou plus. Ou il ne l’a jamais aimé. Mais qu’importe, elle l’aime et ça ne marchera jamais. Elle se rêve à l’appeler, elle se rêve à l’attendre, près de chez lui. Mais qu’est-ce qu’elle lui dirait ? Je t’aime. Et après ? Ils ne sont pas capables d’être ensemble. Ils n’ont jamais été capables d’être ensemble. Cette passion qui s’enflamme quand leurs deux cœurs se frôlent quand leurs corps s’aperçoivent, elle ne prend même pas le temps de dorer leur peau, elle les brûle, les dévore, alors ne reste que les cendres de leurs mots d’amour. Voilà ses pleurs qui redoublent. Parce qu’elle sait tout ça, elle sait qu’il ne servira à rien de le lui dire. Qu’elle l’aime. Car ça ne fonctionnera pas.

Elle pleure.

Elle se rêve à lui envoyer une chanson. Choisir, cliquer, lui envoyer. Lui montrer qu’elle pense à lui, que malgré ce qu’il pense, malgré ce qu’elle lui a fait croire depuis des mois, elle n’a personne d’autre, elle n’a jamais eu personne d’autre, car son corps ne brûle que pour lui.

Elle se rêve à prendre l’avion et revenir. Il l’attendrait à l’aéroport, il la serrerait dans ses bras, la ferait tournoyer. Elle le trouverait beau. Parce qu’elle n’a jamais cessé de le trouver beau.

Elle se rêve à lui envoyer une lettre. Je t’aime. Je t’aime toujours. Wie du bist. Genau du.

Elle se rêve à toutes ces choses qui n’arriveront jamais. Et elle pleure.