Maigrir d’amour et d’eau tiède

Je suis partie dans la nuit avant la nuit. J’ai traîné ma valise dans la lumière d’un soleil éteint. Je n’ai pas regardé à droite je n’ai pas regardé à gauche tout droit, tout droit jusqu’à la gare. On est venu la chercher elle s’effondre dans les bras qui l’enserre.

Il fut un temps où j’écrivais des lettres d’amour

Je me rappelle de cette phrase, perdue dans les montagnes suisses. Soleil couchant. Ce serait bucolique si ce n’était pas si stressant : mon train, mes trains, ont eu du retard. Pas de réseau, on m’attend. Je me rappelle de cette phrase : « moi aussi, il fut un temps où j’écrivais des lettres d’amour. » Une amie, à peine plus âgée, qui séchait mes larmes. « Moi aussi je tombais amoureuse dans la seconde, j’offrais mon coeur et tout mon corps, j’écrivais des lettres d’amour. »