Parce que certaines choses ne changent pas

Et puis il y a des choses qui ne changent pas.

©Le Berlinographe

Et puis il y a des choses qui ne changent pas.
Des rencontres sur le chemin. Des cœurs à cœurs, des connexions. Ce garçon-là, un prénom, trois fois vu trois mots échangés et soudain une soirée à deux, et les murs s’effondrent, le temps s’arrête, les heures défilent, assis au comptoir, du vin de miel. Ses mots sont les miens, il lit dans mes silences, relève mes absences, mon regard fuyant… Certaines choses ne changent pas. Quoiqu’en dise ma tête, je tomberai toujours pour celui au cœur sombre, aux blessures ouvertes, au regard franc, à la voix… Cette timidité, ces mots choisis, ces silences, fragiles, joueurs, sur un fil. Je vois Matthieu dans ces yeux bleus. Matthieu, mon doux Matthieu, perdu et cette fois peu de chance de trouver son chemin. Leçon apprise, et pourtant mon cœur faute encore, avec ce garçon-là. Instant perturbant. Trop. Le temps reprend. Trois heures.  Je pose mon verre, détourne mon regard, brise cette connexion en enfilant ma veste. Mon ami blanc m’attend dehors, je file et je fuis, les choses changent-elles vraiment ? Ou les voit-on juste différemment. Réponse assurée qui ne l’est plus. Rien n’est plus rassurant finalement. Alors pour aujourd’hui au moins je reste immobile, recroquevillée sous ma couverture, attends une réponse. Qui est flou finalement ? Mon avenir, mon présent, ou moi, tout simplement ? Moi. Floue. C’est vrai, il y a des choses qui ne changent pas au fond.

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