Il fait chaud

Il fait chaud. Vraiment chaud. 30.8 affiche le thermomètre. Il y a une semaine j’avais un k-way. Des chaussettes, mais chaussons n’étaient pas rangés. Ce matin je danse. That look you give that guy, instead of me. J’écarte les bras, je balance d’un pied sur l’autre, je souris. Je caresse mes cheveux qui dégoulinent, je sors de la douche, il fait chaud. Vraiment chaud. C’est arrivé d’un coup comme ça. Hier il pleuvait, aujourd’hui il fait beau, trop chaud. Personne n’a eu le temps de s’y habituer. On garde les vestes, les écharpes dans le sac, et à deux heures du mat’ on se plaint d’avoir alourdi son dos pour rien. Dans la rue on transpire sous les tee-shirts en maille trop chaud, les jeans trois quart quand même trop chauds, les chaussettes en coton. On se donne rendez-vous au parc alors qu’on aurait dû aller au rayon clim du Bauhaus d’à côté. C’est arrivé d’un coup. Mes pores se sont ouverts et tout est sorti. La tristesse, l’injustice, la solitude, la crainte, et puis tout est rentré. L’odeur des peupliers, le cri des oiseaux, le chant des enfants, les pizzas en terrasse et le bruit des balles de tennis qu’on frappe sur la place d’en bas. J’ai compris pourquoi Berlin est magique l’été. Enfin compris. C’est la possibilité qui nous est donné de s’asseoir dehors. Sur un banc sur un trottoir sur l’herbe du parc sur un toit terrasse sur un balcon sur un muret debout en posant ses bières sur la boîte aux lettres. La ville est à nous tous et nous prenons la ville nous envahissons la ville nous aspirons ses sourires et rions en plein air, vas-y, ressers-moi une bière. J’ai chaud au cœur.