Friedrichshain

Le miroir du couloir.

On a beau essayer de s’en protéger, partager une intimité c’est partager des secrets, c’est entrer dans ceux des autres et ouvrir sa propre porte, rien ne sert de cacher la clé la serrure d’elle-même disparaît.
Daniel est pourtant loin de moi. Le couloir aurait pu faire office de frontière dans cette ville lumière qu’un mur transperçait autrefois. Mais les miroirs que sont nos deux âmes se contentent d’un rayon jaune ou gris pour s’atteindre en plein cœur même entre deux pays. Et c’est ainsi qu’aussi je me suis vue en lui, qu’il a bu son reflet dans mes larmes, qu’il a su reconnaître en son âme tous les sons de nos cœurs dévastés.
La résonance est telle que mes pieds se dérobent que ses mains tremblent encore quand il veut m’approcher. Maladresse de l’homme, noyé par son ivresse, qui cherche parmi ses mots une expression maîtresse qui pourrait selon lui parler mieux à mon âme en passant bêtement par ma tête amusée.
Je lui tends en riant, avec toute ma tendresse une main décharnée pour apaiser ses craintes. Éreintée je lui montre avec se simple geste que les miroirs frères ne renvoient pas les mots seuls les rais de lumière.
Le sourire de ses yeux nous fait taire tous les deux, nous retournons ensemble au milieu des heureux.

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