Pourquoi je ne me censure jamais

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©Le Berlinographe

Je ne me censure jamais. Jamais et pour personne. Je l’ai dit. De nombreuses fois. Je l’ai écrit aussi. Dit, écrit, répété. Brandi comme un bouclier. Mon bouclier. Si l’émotion est vraie le reste est fiction. Fiction ou non qu’importe. Je n’écris pas pour faire passer des messages. Je n’écris pas pour quelqu’un. J’écris pour moi et pour tous à la fois. Pour tous ceux qui se laissent toucher, aiment se laisser toucher, caresser par un mot, une syllabe, une image. Parce que mes émotions sont bien trop grandes pour moi, je décide de les donner au monde. En mots, en images, en sons, elles ne m’appartiennent pas. Voilà pourquoi je ne me censure jamais. Jamais et pour personne.

Pourtant cela fait quelques jours que je me retiens d’écrire. Que les phrases se forment dans ma tête, comme à mon habitude, et que je les fais taire, tout sauf une habitude. Que je les écrase sous les poids de mes questionnements.
Je me retiens d’écrire et je déteste ça. Parce que je ne me censure jamais, jamais et pour personne. Je me retiens d’écrire parce que bien sûr, je sais qui me lit. Je sais qu’il me lit. Je sais que souvent entre mes lignes ils cherchent des réponses, ils cherchent des messages, s’imaginent. Et je laisse faire, selber schuld, Jungs.

Je laisse faire parce que ceux qui me connaissent, qui connaissent la couleur de ma peau, l’odeur de ma peau derrière l’écran, ont été prévenus. Tous sans exception. Ont été prévenus que la portée de mes mots les dépasse, rien ne leur est destiné, rien ne vous est destiné. Rien ne t’es destiné, toi qui cherches une réponse, un message, un sourire. Pour cela il te faudra venir sonner à ma porte, c’est tout.

Je ne me censure jamais. Jamais et pour personne. Parce que les mots qui sont ici me dépassent, te dépassent, vous dépassent pour voler bien plus haut, bien plus loin, atteindre le cœur des autres, ceux qui n’attendent rien. Du moins rien de moi. Jule. Double de papier, thérapie c’est sûr, et qui ne doit rien. Ni à moi, ni à personne. Jule, c’est tout. N’appartient à personne, libre comme jamais.

Libre comme jamais. Pour toujours libre comme jamais.

Un commentaire

  1. Benjamin Yobouet
    Benjamin YOBOUET · août 17, 2015

    Tout à fait vrai on ne peut se censurer soi même.

    Libre d’écrire…liberté je te chéri!

    Joli billet bien écrit.