Comment j’ai retrouvé Mathieu

Depuis que Léa est partie, je me sens un peu seule. Seule dans ma mélancolie. Dans cet état où le côté sombre de l’âme grignote sur le bien-être quotidien. Ce moment où c’est soudain trop dur, trop fatigant, trop lourd d’être seule dans cette grande ville avec tous ces boulots sur les bras, ces batailles à mener.

Parce que je ne suis pas encore prête

Je n’étais jamais sortie de Berlin par la route. Pourtant Dieu sait que j’aime le doux bruit du moteur, la sensation de chaleur, être transportée, passager, sans contrôle, se laisser porter, guider, emmener. Le bus a démarré à 7 heures pile.

Parce qu’on n’a plus dix-sept ans

En regardant les nuages orangés à travers le hublot, je me demandais vers où mon crayon me guiderait le lendemain. Il était grand temps que je me replonge dans l’univers de mes histoires courtes. Un loup se détachant en violet des doux chagrins tortueux, je songeais à reprendre mon histoire d’A.

Pourquoi j’entends des voix dans mon casque

L’important n’est pas ce qui nous tient, nous retient, nous soutient, l’important c’est d’avoir quelqu’un à côté. Avancer sans se pousser. Donner, parce qu’il paraît qu’il nous sera donné.

Pourquoi j’ai du goudron noir sur ma peau rosée de fille

J’allais vite ce jour-là, je venais de prendre la pluie à Kotti, une vraie chavane, dirait ma mère. En tournant dans la Oranienstraße je me retrouvais avec le vent de face, obligée de tenir ma capuche d’une main et d’avancer en me brûlant les cuisses….

Parce que je flotte, je me dilue

Ce soir je flotte. Constat récurrent. Je flotte. Entre deux émotions souvent, deux sentiments s’entend, entre réel et froideur de l’esprit, je flotte, froide et floue. Ce soir je flotte. Mais pour de bon. Je flotte. Vraiment. Tête en arrière, yeux noyés d’eau, mon nez,…

Comment c’était Abidjan? – Partie 2

Abidjan. Souvenirs. Sortir du marché, respirer mieux, ouvrir grands les yeux devant des escargots d’un autre monde, avancer dans le sable, les oreilles qui palpitent au son des taxis, suivre le son d’un chant, observer une prière, derrière on joue au foot, derrière encore, musique…

Comment c’était Abidjan? – Partie 1

Comment c’était Abidjan ? C’était… Comment ? C’était. Comment ça, c’était ? C’était comment ? C’était… C’était… C’était quoi ! Voilà. C’était. C’est plus. Ben raconte Jule ! Je sais pas moi. Tu veux que je raconte quoi ? Ben l’Afrique ! Les gens ?…

Parce que certaines choses ne changent pas

Et puis il y a des choses qui ne changent pas. Des rencontres sur le chemin. Des cœurs à cœurs, des connexions. Ce garçon-là, un prénom, trois fois vu trois mots échangés et soudain une soirée à deux, et les murs s’effondrent, le temps s’arrête,…

Parce que les choses changent

Les choses changent quand on range quand on mange son spleen qu’on avale qu’on digère qu’on recrache en soupirs, les choses changent et je tangue tu me tiens bois ton vin, vin de noix pain tout mou, comme nos cœurs, malaxés triturés cœurs brisés qu’on…

Parce que pédaler c’est mieux que ramer

Démarrer d’un coup de pied, sentir le vent dans mes cheveux, –le pollen dans mes yeux; filer droit, filer vite, sans crainte, espace pour lui et moi réservé, vibrer, –oui vibrer, merci foutus pavés; vibrer dans l’ivresse de cette liberté, pédaler, pédaler –dérailler; accélérer dans…

Pourquoi je les ai mis à nu

Je ne sais pas ce qui me fait pleurer. Tout va bien, allongée au bord de la Spree, Hauptbahnhof en vue, ni trop chaud ni trop froid, délicieux mois de mars. Le pollen sans doute, l’arbre qui trône sur la droite, moitié vert moitié mort,…