Travaille

Mon cœur bat vite. Trop vite. Comme au temps des pilules des ecstasys. Je suis allongée sur un lit blanc. Cela fait vingt-quatre heures. J’ai dormi treize heures. La chambre est blanche et bois. Le lit est grand. La fenêtre donne sur l’aéroport. Les avions atterrissent dans un grand bruit. Il fait chaud. 31 degrés. Lisbonne. Cela fait vingt-quatre heures que je n’ai pas quitté la chambre.

Il fait chaud

Il fait chaud. Vraiment chaud. 30.8 affiche le thermomètre. Il y a une semaine j’avais un k-way. Des chaussettes, mais chaussons n’étaient pas rangés. Ce matin je danse. That look you give that guy, instead of me. J’écarte les bras, je balance d’un pied sur l’autre, je souris. Je caresse mes cheveux qui dégoulinent, je sors de la douche, il fait chaud. Vraiment chaud.

Ce sera au soleil

Si un jour je déménage ce devra être au soleil
Dernier étage sous les toits sous l’étoile
Au soleil

Tu me manques

Septembre, le 13 exactement, je suis partie. Je t’ai quittée, je me suis envolée. Encore une fois. Je n’avais pas passé 10 jours dans tes bras que je repartais déjà. Pas très grande classe. Ça fait quoi un an, plus d’un an je crois que je le répète à tout va, à tout le monde, à moi : j’ai besoin d’une pause, il faut que je parte. Mais dans la lumière des soleils qui se lèvent, quand j’entends les feuilles des arbres bruisser sous ma fenêtre, quand je flâne au bord du canal, que j’achète une glace dans les petites rues de Neukölln, que nous buvons des verres jusqu’à pas d’heures au milieu du parc en bas, je te souris, et je me perds dans le vert des feuilles, l’air bleuté du froid qui revient, la neige qui frappe à ma porte, les gravillons qui emplissent l’appartement, je t’aime et je te hais, quatre ans que ça dure. Il paraît que la passion s’estompe, se transforme… Je ne sais pas.

Parole d’objet

Je crois qu’elle ne m’aime plus. Elle ne m’a pas souri depuis des jours, cinq, j’ai compté. Cinq jours qu’elle ne m’a pas touché. Est-ce que c’est moi ?

Portrait Chinois

Si j’étais un âge de la vie je serai l’enfance parce qu’on me l’a volée et depuis elle me hante.

Si j’étais une couleur je serai l’indicible parce que j’en vois trop et elles n’ont pas de nom, le français me limite.

Si j’étais un vêtement je serai une robe dont le tissu volerait au vent parce que j’aime trop les frissons quand l’été est brûlant.

J’infuse

Je suis rentrée avec l’odeur du cheval dans les narines. J’ai pris une douche et sous la douche je la sentais encore cette odeur. Je me suis frottée fort, fort au savon noir, celui qui sent la fleur d’oranger. Celui que je passe avec délice sur mes tempes, que j’aspire à plein poumons, parce qu’il sent la navette de Marseille, parce qu’il me rappelle la pompe à l’huile de Noël (…)

Parce que ses mains lui avaient dit de revenir

Le soleil déclinait. Une froide lumière de fin de journée. Plus vraiment de quoi cligner des yeux, même en regardant droit dans la lumière. Avec défiance. Avec regret. Amertume aussi. L’hiver n’en finit plus. C’est souvent comme ça. C’est toujours comme ça. Il lui avait…

Parce que je veux rester douce

Je ne mets plus mes lunettes. Je les ai faites refaire, parce que la dernière fois au cinéma même avec j’avais du mal à lire les sous-titres. C’était en coréen, il me fallait les sous-titres. Alors j’ai passé une semaine sans, presque dix jours, et…

Parce que je suis Passion

  Ce texte sera publié le 2 mars sur le site du webzine Girlshood dans la rubrique Regards Croisés. En attendant le voici en avant-première ;) Je suis une femme de langue, j’aurais pu dire « de lettres », mais on aurait perdu une occasion de…

Parce que je suis libre

Est-ce qu’on écarte les bras en croix quand on est amoureux ? Est-ce qu’on grimpe sur son vélo, pédale, prend de la vitesse, dévale la butte pour rejoindre la piste de décollage, pédale encore plus vite, le vent dans le dos, est-ce qu’on se redresse, lâche…

Meine französische Worte sind zu stark. Zu schwach.

An alle, die immer noch weinen, An alle, die uns bitten, aufzuhören, Meine Worte werden deutsch sein. Es ist vielleicht das erste Mal, dass ich auf deutsch schreibe. Aber auf französisch ist es komischerweise unmöglich. Meine französische Worte klingeln zu stark. Klingeln zu schwach. Sie…