Ne pas me chercher

Tu crois que c’est qui qui allume le feu chez toi, qui tue des gens à coup de poings malveillants, te tatoue encore et toujours, te fait hurler dans tes rêves? Faut pas me chercher tu le sais.

A la lune

J’ai demandé à la lune qu’elle me donne un corps de pierre.
Un galet dense dans la main. Aux contours si beaux si purs si bruts qu’ils couperaient les mains de ceux qui serreraient trop forts.
J’ai demandé à la lune de m’ôter ce corps d’éponge.
Je lui ai dit de me retrouver sur la plage, à l’heure où les étoiles profitent de l’instant pour filer discrètement.
Je me mettrai nue. Je m’enlacerai. Et je presserai. Fort.

Coeur, Corps, Esprit

Je suis au plus près de sa peau. Je suis couleur chair il paraît, c’est ce qui était écrit sur l’étiquette quand elle m’a acheté. Elle m’a acheté parce que je suis chaud. Ca aussi c’était marqué sur l’étiquette. Pourtant je suis très fin, je colle à la peau, léger comme une plume. Si fin que lorsqu’elle a froid je ne sais retenir ses seins qui pointent. Si près du corps que l’hiver j’ai remplacé tous ses soutiens-gorge, même quand on prend les routes cabossées à vélo. Les pistes cyclables en relief dont les racines font vibrer la selle et la dynamo. Je suis doux, je l’enserre et la protège, du froid, de tout. Je la câline et la caresse, je me fonds sur sa peau rosée d’hiver. Elle m’adore.

Parce que je suis seule

Quand mon vélo a percuté le sol, que mes mains se sont écrasées contre les pavés trempés, collés de sable, je n’ai pu retenir mes larmes. Elles dansaient au bord de mes cils depuis quoi, deux heures déjà ? Que me voulait ce type, qui s’est…

Parce que mon cœur est ouvert

Parfois on a des choses à se prouver. Des questions dont l’absence de réponse résonne au matin, s’obstine comme un réveil qu’on n’arrive pas à éteindre. Des suppositions loin des affirmations qui manquent, dont l’absence obsède le peu de sommeil qu’on atteint. Parfois on a…

Parce que je suis duale

Duale emmêlée. A travers ma personne vit mon personnage. A travers moi passent ces sensations, émotions, intuitions qui se meurent en mots.

Comment je joue au billard

Je suis allongée dans des boules de billard. Des boules de billard. Des rouges, des jaunes, des pleines, des bicolores. Vous voyez le genre quoi. Des boules de billard. Avec la noire là, la 8, que j’ai envoyée trois fois dans le trou quand même.

Parce qu’il s’en fout

D’habitude j’écris après. Quand le roman m’emporte. Trop loin. Quand je ne sais plus redescendre. Quand c’est trop dur de reposer mes pieds sur terre. Seule dans mon appartement. Près du chauffage là sur le tapis.

Pourquoi je pense en radiateurs

Esclave de mon année à mâchouiller mes émotions, à les organiser en chapitres étranges, en verbes à l’infinitif. Esclave de cette année à écrire ce roman dans ma tête.

Parce que lundi tout a changé

Mille phrases me viennent pour commencer ce texte. D’ailleurs cette phrase-là n’est qu’une de ces mille phrases. Tout se mêle. Parce que je suis loin, entre deux eaux. Entre la réalité de mes personnages et ma réalité à moi. Moment terrible de redescente. Alors je vais écrire toutes ces phrases dans le désordre. Thérapie à moi.

Parce que sept jours c’est long pour une descente

Il m’aura donc fallu sept jours. Sept jours pour me remettre d’une soirée. Enfin d’une nuit. Enfin d’une soirée, d’une nuit et d’une matinée pour être exacte. Moi qui toute fière de ne plus boire d’alcool (à outrance s’entend) ventais mes désormais absences de gueule de bois… Sept jours. Long.