Retrouvailles 2

En un instant – invisible – je me retrouverais dans tes bras je sauterais à ton cou tu enfouirais ton visage dans le mien tes bras m’enserreraient mes côtes craqueraient on serrerait fort, respirerait fort, soupirerait fort.

Maigrir d’amour et d’eau tiède

Je suis partie dans la nuit avant la nuit. J’ai traîné ma valise dans la lumière d’un soleil éteint. Je n’ai pas regardé à droite je n’ai pas regardé à gauche tout droit, tout droit jusqu’à la gare. On est venu la chercher elle s’effondre dans les bras qui l’enserre.

Le bruit de nos corps

J’imagine le bruit de nos corps. Clac. Le bruit qu’ils feraient que feraient nos deux corps se rencontrant à nouveau. Car je me jetterais dans tes bras. Tu les ouvrirais grand les refermerais vite. Et juste avant que je m’y jette dans les derniers mètres tu plongeras ton regard dans le mien une lueur de bonheur allumera ton visage et moi, cette fois-ci, je ne fuirai pas tes yeux je regarderai toi cette fois-ci je ne dirai rien rien rien.

T’aimer de loin

Quand je te vois je perds mes mots je ne sais plus quoi dire comment le dire les syllabes s’emmêlent et se confondent mais ce n’est pas important. Ce n’est pas important parce qu’on n’est pas fait pour parler toi et moi. On est fait pour se toucher. S’effleurer. Il y en a qui parlent de tout qui peuvent s’échanger des millions de mots pendant que nous échangeons des millions de frissons.

Salle de classe

J’ai l’impression d’être une maîtresse d’école. Une salle de classe. Deux élèves. A ma gauche, la première de la classe, brillante, jupe plissée et tresses en épis de blé. Elle lève le doigt, trépigne sur sa chaise, elle a réponse à tout. Sa phrase préférée : c’est normal enfin, regarde, tous les autres le font.

Ce sera au soleil

Si un jour je déménage ce devra être au soleil
Dernier étage sous les toits sous l’étoile
Au soleil

En Fanfare

Entre nous ça a commencé en fanfare. On peut le dire. Tous les dimanches de ces trois mois passés à Toulouse. Tous ces putains de dimanche matin, les tambours, le trombone, et ta trompette, ta putain de trompette. Tous les dimanches sans exception. Même quand il a plu à verses cette première semaine d’octobre, quand je me suis couchée à l’heure du soleil levant en pensant, au moins ils ne joueront pas demain. J’avais tort. Vous avez joué, pas peur du vent, pas peur de la pluie, pas peur des sceaux d’eau que je rêvais de balancer par la fenêtre. Et puis il y a eu ce dimanche matin où je suis sortie acheté le pain. Quand j’ai ouvert la porte tu étais là. Ta trompette à la main. Je te l’aurais fait bouffer.

Il fut un temps où j’écrivais des lettres d’amour

Je me rappelle de cette phrase, perdue dans les montagnes suisses. Soleil couchant. Ce serait bucolique si ce n’était pas si stressant : mon train, mes trains, ont eu du retard. Pas de réseau, on m’attend. Je me rappelle de cette phrase : « moi aussi, il fut un temps où j’écrivais des lettres d’amour. » Une amie, à peine plus âgée, qui séchait mes larmes. « Moi aussi je tombais amoureuse dans la seconde, j’offrais mon coeur et tout mon corps, j’écrivais des lettres d’amour. »

Elle l’aime

Elle pleure parce qu’elle l’aime. Parce qu’il l’aime sûrement lui aussi. Ou plus. Ou il ne l’a jamais aimé. Mais qu’importe, elle l’aime et ça ne marchera jamais.

Pourtant elle ne le déteste pas

Ca fait sept mois. Sept mois qu’elle n’a pas glissé un pied sur son parquet sombre. Sept mois qu’elle ne s’est pas allongée sur son tapis, sept mois qu’elle n’a pas arrosé le basilic qu’ils avaient planté ensemble. Sept mois qu’elle n’a pas senti la…

Parce qu’aimer n’est pas jouet

Il a joué avec moi. Il m’a utilisée. Il m’a aimée, jetée, reprise, rejetée. Il se sert de moi comme miroir. Il ne m’apporte rien. Il veut prendre. Prendre. Jeter. Et s’il n’avait pas joué ? Et s’il n’avait jamais joué ? S’il ne m’avait…

Parce que je suis Passion

  Ce texte sera publié le 2 mars sur le site du webzine Girlshood dans la rubrique Regards Croisés. En attendant le voici en avant-première ;) Je suis une femme de langue, j’aurais pu dire « de lettres », mais on aurait perdu une occasion de…