Le bruit de nos corps

Texte écrit à l’occasion d’un projet radiophonique en train de voir le jour. Stay tuned.


Hall des arrivées, aéroport. Dans la foule qui se presse fleurs et valises à la main tu serais là et moi pas loin. Un mur, une vitre, une barrière. Là.

J’imagine le bruit de nos corps. Clac. Le bruit qu’ils feraient que feraient nos deux corps se rencontrant à nouveau. Car je me jetterais dans tes bras. Tu les ouvrirais grand les refermerais vite. Et juste avant que je m’y presse dans les derniers mètres tu plongeras ton regard dans le mien une lueur de bonheur allumera ton visage et moi, cette fois-ci, je ne fuirai pas tes yeux je regarderai toi cette fois-ci je ne dirai rien rien rien. Clac. Le bruit de mon corps contre le tien clac nos clavicules clac nos côtes clac l’os de nos mâchoires ton nez se précipiterait dans mon cou respiration mes lèvres sur ton épaule j’embrasserais ta peau douce toujours douce. Tes bras m’enserrent, tout se touche rien ne se décolle.

Tu es belle me souffles-tu à l’oreille. Je lève les yeux au ciel mais contre les frissons naissants je ne peux rien tu gagnes toujours. Mes mains remonteront sur ta nuque mes doigts se perdent dans tes cheveux cette fois c’est toi qui trembles tu embrasses mon cou et ma gorge et ma b- attends.

Dans le hall certains certaines attendent encore et se demandent ce qu’est cette forme qui se déplie sans se mouvoir. Un thorax blanc coton lin marron huit pattes nues et des poils blonds sur le dessus.
Un enfant : c’est son frère?
Sa mère : son amoureux.
Elle : un jumeau.

Tu souris contre mon cœur.

J’imagine le choc de nos corps clac et la vague me submerge. Soulagement. Soulagement soulagement soulagement soulagement soulagement soulagement soulagement soulagement ta respiration qui s’allonge les soupirs les miens tes mains qui dévalent la courbe de. Manque manqué manquera tu et moi- dans un bruit de ventouse nos corps se détachent. Dans mes yeux un voile puis la netteté les couleurs vives ton visage a changé lumineux plus lumineux le monde autour de moi résonne. Je t’inspire comme j’inspirai mon rail m’effondre et dans la foule, je disparais.